La Chine renforce son emprise sur l’or mondial

30 Juillet 2015

Voilà plus de 6 ans que la Chine n’avait pas publié le montant de ses réserves d’or, ouvrant la porte à de nombreuses spéculations sur les montants accumulés pendant une si longue période. De nombreux analystes, incluant ceux de Bloomberg Intelligence, estimaient que le stock d’or détenu par la banque d’état chinoise (PBOC), aurait dû approximativement tripler dans la période, compte-tenu des importations soutenues tout au long de ces 6 années et des volumes d’or extraits dans le pays (approximativement 400 tonnes par an).

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Siège social de la POBC, qui souhaite augmenter son emprise sur le marché de l’or

Siège de la People’s Bank of China

La publication de la semaine dernière met fin à ces spéculations : la PBOC ne détiendrait que 1.658 tonnes d’or dans ses coffres ( juin 2015), soit une progression de seulement 57% par rapport au dernier inventaire datant d’ Avril 2009. Même si de nombreux spécialistes doutent de la sincérité de ces volumes (et suspectent une sous-estimation pour soutenir un éventuel fléchissement ultérieur de l’investissement boursier des particuliers) force et de constater que cette transparence devrait faire du bien au marché, tout au moins après les sévères corrections en cours liées à la déception des analystes sur le montant du stock. De plus, elle crédibilise la place que l’Empire du Milieu souhaite prendre dans le négoce et la thésaurisation du métal jaune.

Cette transparence s’inscrit aussi dans la volonté de la Chine d’inclure le yuan dans les droits de tirage spéciaux du FMI. En effet, ces DTS (actifs de réserve du FMI) sont valorisés jusqu’à ce jour à partir d’un panier de devises incluant le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen. En incluant le yuan dans ce panier la Chine espère ainsi rejoindre le grand concert des nations financières. Mais pour cela elle doit déclarer ses réserves d’or, ce qui vient d’être fait, donc acte !

Seul problème, les principaux indices boursiers globaux, incluant le MSCI, ont refusé jusqu’à présent la perspective d’intégrer des valeurs chinoises. Ce refus serait en partie à l’origine de la baisse de la bourse chinoise de ces derniers mois, les investisseurs ayant spéculé à tort sur une intégration à court terme du yuan dans ces indices globaux.

Mais ce contretemps ne devrait pas freiner la volonté de la Chine d’augmenter son emprise sur la finance mondiale, et la tentative de participer à la maîtrise des cours de l’or rentre manifestement dans cette stratégie.

Pour ce faire, et dès le mois d’août 2013, la Chine a décidé d’ouvrir son marché de l’or, en invitant 2 banques: HSBC et ANZ à trader des futures sur le SFE (Shanghai Futures Exchange), le marché de l’or de Shanghai.

Plus récemment, en Juin de cette année, c’était la Bank of China qui devenait la première banque de l’empire du milieu à intégrer le cercle très fermé des membres du LBMA (London Bullion Market Association), une association basée à Londres qui a la lourde tâche de fixer le prix de l’or 2 fois par jour, tous les jours ouvrés de l’année.

Toutes ces initiatives (transparence sur les réserves d’or, implication dans le fixing de l’or à Londres, tentative d’inclure le yuan dans les actifs de réserve du FMI) démontrent que l’empire du milieu souhaite utiliser le métal jaune pour peser sur la finance mondiale, le but ultime étant de faire de la monnaie communiste une alternative crédible au dollar.